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Parents au bord de la touche: les règles de conduite en football de jeunes
Pratique de l’entraîneur

Parents au bord de la touche: les règles de conduite en football de jeunes

Conduite des parents au bord de la touche en football (soccer): les quatre règles qui sauvent la journée de tournoi des enfants, plus affiche et lettre prêtes.

Publié le 6 min de lecture

L'essentiel

  • Le plus grand facteur de stress d'un tournoi de jeunes, ce sont rarement les enfants, mais les adultes agités au bord de la touche.
  • Encourager oui, coacher non: les enfants qui entendent l'entraîneur et le parent en même temps ne prennent plus de décision propre.
  • Les erreurs d'arbitrage font partie du jeu, surtout avec de jeunes arbitres bénévoles; discuter fort est le pire exemple.
  • Chez les plus jeunes on ne tient souvent pas de classement exprès; demande à ton enfant la plus belle action, pas le score.
  • Deux phrases dans la lettre aux parents et une affiche à l'entrée donnent le ton de toute la journée de tournoi.

Pourquoi le bord de la touche décide de la journée de tournoi

Tu es au bord de la touche, ton enfant a le ballon, et le « tire donc ! » t'échappe avant que tu le remarques. Tout parent de football, ou de soccer comme on dit au Québec et au Canada, connaît ça. Un jour de championnat normal, cela se remarque à peine. Un jour de tournoi, cela s'additionne: au lieu d'un match il y en a quatre ou cinq, au lieu des parents habituels du club il y a un mélange d'adultes inconnus au bord de la touche, et l'horaire serré rend tout le monde nerveux.

Le plus grand facteur de stress d'un tournoi de jeunes, ce sont rarement les enfants, ce sont les adultes. Coacher fort depuis le bord, discuter avec l'arbitre et la pression du résultat enlèvent aux enfants justement le plaisir de jouer pour lequel le football de jeunes a remodelé ses formats de compétition.

Un tournoi accentue cela pour trois raisons. Les enfants jouent plusieurs matchs courts avec peu de repos entre eux, si bien que la tension s'accumule au lieu de se relâcher. Les parents se connaissent à peine, et la comparaison silencieuse entre inconnus fait monter le ton. Et l'horaire serré transforme chaque retard en sujet sensible. La bonne nouvelle: quatre règles simples suffisent pour que le bord de la touche aide les enfants au lieu de les freiner. Cet article s'adresse à toi en tant que parent, et à la fin tu trouveras un modèle prêt avec lequel un organisateur peut donner le ton pour tout le monde.

Encourager oui, coacher non

La règle la plus importante d'abord: encourager oui, coacher non. Applaudir, appeler par le prénom, un « continue » après un duel perdu, tout cela porte. Les consignes tactiques sont le problème. « Va à gauche », « passe », « reste derrière » viennent de l'entraîneur, pas du bord de la touche.

La raison est simple. Un enfant qui entend deux voix en même temps, celle de son entraîneur et celle de son parent, ne peut plus prendre sa propre décision. Il se fige un instant, et c'est justement cette seconde qui décide souvent du duel. Les enfants apprennent le football en décidant eux-mêmes et en faisant des erreurs en chemin. Si tu leur enlèves la décision de l'extérieur, tu leur enlèves l'apprentissage.

Une règle pratique aide dans le feu de l'action: tout ce que tu crierais aussi à un enfant de l'équipe adverse est correct. Un « bien joué » pour un bel arrêt des deux côtés, oui. Une consigne rien que pour ton enfant, non.

La différence se voit dans les cris concrets. « Beau combat », « continue », « quelle passe » ou un simple applaudissement encouragent sans diriger. « Tire », « à gauche », « fais-lui faute » ou « pourquoi tu ne passes pas » sont du coaching et n'ont pas leur place au bord de la touche. Quand tu sens une consigne sur le bout de la langue, remplace-la par le prénom de ton enfant et un « vas-y ». Cela donne le même encouragement sans enlever la décision.

Respecter l'arbitre

Beaucoup de matchs de jeunes ne sont pas arbitrés par un officiel expérimenté, mais par un jeune de 15 ans avec un badge tout frais ou un entraîneur bénévole du club. Les erreurs font partie du jeu, et sur la journée elles s'équilibrent le plus souvent. Celui qui les commente fort ne gagne rien et perd beaucoup.

Car ici l'effet de modèle se voit tout de suite. Un enfant qui voit son père crier sur l'arbitre apprend que c'est ainsi qu'on traite l'autorité. Et le jeune arbitre pris à partie par des parents énervés après son troisième match arrête souvent dès la première saison. Les fédérations, au football comme au soccer, cherchent désespérément de la relève arbitrale depuis des années. Chaque agression au bord de la touche coûte au football amateur justement les officiels sans lesquels aucun tournoi n'a lieu.

La règle est donc simple: face à une erreur, reste calme et ne dis rien. S'il y a vraiment quelque chose de fondamental qui cloche, c'est l'entraîneur qui le règle après le match, pas le parent pendant le match.

Plus difficile encore, c'est quand ton propre enfant s'énerve d'une erreur. Là aussi ton exemple aide plus que n'importe quelle explication. Un calme « c'est agaçant, mais l'arbitre ne voit pas tout non plus, continue de jouer » apprend à l'enfant à gérer l'injustice au lieu d'y rester accroché. C'est précisément ce calme qu'il emporte du football vers des situations qui n'ont plus rien à voir avec le sport.

Le résultat est secondaire

Chez les U7 et U9, beaucoup d'endroits ne tiennent pas de classement. Ce n'est pas de la mollesse, mais une décision sportive: à cet âge, l'important est que les enfants touchent beaucoup le ballon, développent le goût du jeu et aient envie de revenir. Le résultat est secondaire.

Pour toi au bord de la touche, cela signifie deux choses. Premièrement: après le match, demande à ton enfant la plus belle action, pas le score. Les enfants qui n'entendent que la question du score après chaque match associent le football à la pression de la performance au lieu du plaisir, et la pression arrive bien assez tôt d'elle-même. Deuxièmement: applaudis chaque enfant, pas seulement ton équipe. Un bel arrêt ou une belle passe méritent des applaudissements, quel que soit le maillot du gardien. Cela détend tout le bord de la touche, parce que cela retire de la journée la compétition silencieuse entre parents.

Tu es le modèle

Les trois règles précédentes convergent vers un point: tu es le modèle, que tu le veuilles ou non. Les enfants regardent vers le bord de la touche pendant le match plus que les parents ne le croient, et ils copient ce qu'ils y voient. Celui qui crie sur l'arbitre éduque à crier. Celui qui va à la voiture de mauvaise humeur après une défaite apprend à l'enfant qu'un match perdu gâche l'après-midi.

À l'inverse, cela marche pareil. Un parent qui serre la main de l'enfant adverse après le match, respecte l'arbitre et sait tourner la page après une défaite donne à son propre enfant un modèle qui va bien au-delà du football. C'est la vraie raison pour laquelle le bord de la touche compte bien plus que ne le laisse penser le court tournoi.

Donner le ton du tournoi: affiche et lettre aux parents

Si tu organises le tournoi ou encadres l'équipe, tu disposes d'un levier qu'aucun parent seul n'a: tu poses les règles avant que le premier ballon roule. Les règles de conduite qui figurent à l'avance dans la lettre aux parents et sont affichées comme affiche plastifiée à l'entrée valent mieux que toute annonce au micro une fois que l'ambiance a déjà tourné.

Deux briques suffisent. Premièrement, une phrase dans l'invitation ou la circulaire aux parents, par exemple: « Pour que la journée soit belle pour tous les enfants, nous demandons au bord de la touche des encouragements plutôt que du coaching, du respect pour nos jeunes arbitres et des applaudissements pour les belles actions des deux côtés. » Deuxièmement, une affiche avec les quatre règles, bien visible à l'entrée et sur les terrains. Celui qui organise de toute façon le tournoi avec un outil comme AreaCopa ajoute simplement l'affiche à la liste de matériel du jour de match.

Ce texte, tu peux le reprendre tel quel, le plastifier et l'afficher:

Si malgré tout un parent dépasse régulièrement les bornes, ce n'est pas un cas pour le bord de la touche, mais pour une conversation calme loin du terrain. Comment aborder cela en tant qu'entraîneur sans laisser le conflit dégénérer, c'est dans le guide sur la gestion des parents difficiles. Et comment planifier toute la journée de tournoi, de l'invitation à la remise des prix, c'est ce que montre la checklist du tournoi de football.

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Questions fréquentes

Puis-je encourager mon enfant depuis le bord de la touche?
Encourager oui, coacher non. Applaudir, appeler par le prénom et encourager font du bien aux enfants. Les consignes tactiques comme `va à gauche` ou `tire` embrouillent, parce que l'enfant entend l'entraîneur en même temps et se fige. La règle: tout ce que tu crierais aussi à un enfant de l'équipe adverse est correct.
Comment réagir à une erreur de l'arbitre?
Reste calme et ne dis rien. Beaucoup de matchs de jeunes au football, ou soccer, sont arbitrés par de jeunes arbitres ou des bénévoles, et les erreurs font partie du jeu. Celui qui discute fort donne l'exemple du comportement que personne ne veut au bord de la touche. Les fédérations cherchent désespérément des arbitres; chaque agression coûte des officiels au sport à long terme.
Comment donner le ton au bord de la touche en tant qu'organisateur?
Communique les règles à l'avance, pas le jour du match. Deux phrases dans la lettre aux parents et une affiche plastifiée à l'entrée valent mieux que tout rappel pendant le tournoi. Un modèle prêt pour les deux se trouve à la fin de cet article. Ainsi chacun connaît les règles avant le premier coup de sifflet.
Que faire si un autre parent dérape?
N'entre pas dans une confrontation directe au bord de la touche, cela dégénère devant les enfants. Adresse-toi à l'organisation du tournoi ou à l'entraîneur, qui prennent le cas en main. Si un parent dépasse les bornes de façon répétée, c'est un cas pour une conversation calme loin du terrain, pas pour une riposte depuis la ligne.
Dois-je demander le score à mon enfant après le match?
Demande plutôt la plus belle action que le score. Chez les U7 et U9, beaucoup de tournois ne tiennent pas de classement exprès, parce que c'est le plaisir de jouer qui compte, pas le résultat. Les enfants qui n'entendent que la question du score après chaque match associent le football à la pression de la performance au lieu du plaisir.